Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

L’adaptation au changement climatique des paysages littoraux

Les paysages et leurs représentations culturelles ont un rôle considérable sur l’organisation de l’espace et les dynamiques territoriales. Face aux effets prévisibles du changement climatique, il est indispensable d’envisager un nouveau type de développement pour les territoires vulnérables du littoral. Il engage à une nouvelle relation au rivage ainsi qu’une solidarité renouvelée entre le littoral et son arrière-pays. De par sa double dimension culturelle et temporelle, le paysage peut alors devenir une ressource pour porter des transitions - touristique, naturelle, agricole et urbaines - dans une relation circulaire liant les conséquences des effets du changement climatique aux efforts d’adaptation et aux représentations qui en découlent.

L’approche culturelle des paysages est à la fois ancienne et commune en France, portée entre-autre par la politique des sites inscrits et classés. D’une vision picturaliste à l’idéal du jardin planétaire, cette représentation culturelle souffre aujourd’hui de son tropisme anthropique et est remise en question par la pertinence des approches environnementalistes. L’État français tente de relancer une politique paysagère (CGEDD, 2014) tandis que les investissements des collectivités en la matière diminuent et que la banalisation des paysages du quotidien est à l’oeuvre. La politique du paysage serait-elle en mauvaise passe ? Il se pourrait que les effets du changement climatique remettent rapidement en jeu la notion de paysage culturel comme relation intime d’une société à son territoire en mutation. Les prochaines décennies verront des atteintes directes à l’environnement et des évolutions des paysages. Il est prévisible que notre rapport identitaire à ces derniers change en même temps que grandira notre capacité à les percevoir comme des ressources pour adapter les territoires aux effets du changement climatique. 

Face à la difficulté de définir la notion de paysage culturel, le choix a été fait dans le présent article de partir d’une approche réglementaire pour cerner cet objet à partir de bases convenues puisqu’elles appartiennent aux législations françaises ou internationales. Ensuite, il sera recherché une approche systémique des conséquences des effets du changement climatique et des adaptations comme processus global et récursif modifiant les paysages. Pour faire image, nous nous attacherons plus particulièrement au littoral atlantique qui présente des faciès variés et qui porte des représentations communément partagées.

L’approche institutionnelle du paysage contemporain
 

Le paysage est conditionné au regard. Cette sensibilité aux territoires perçus va susciter en France des lois de protection du paysage dès le début du 20e siècle. En 1906, les deux lois Bauquier organisent la protection des sites et monuments naturels de caractère artistique : « propriétés foncières dont la conservation peut avoir, au point de vue artistique ou pittoresque, un intérêt général […] » et la protection des paysages : « Des arrêtés déterminent les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d'énergie au point de vue ... de la protection des paysages. » La concomitance de ces deux lois renseigne utilement sur un état d’esprit qui perdure : le paysage y assume son obédience visuelle, profondément culturelle, et dans un même temps il faut le protéger des atteintes qu’il subit. En 1930 sera voté une nouvelle loi ayant pour objet de réorganiser la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque qui consolida la politique française des sites (7900 sites sont protégés à ce jour). Après la loi  dite « paysages » de 1993, la loi d’engagement national pour l’environnement de 2010 introduira les trames vertes et bleues : « ces trames contribuent à … améliorer la qualité et la diversité des paysages. » Cette rapide mise en perspective législative sur un siècle voit l’émergence d’un concept visuel associé au bien commun qu’il est nécessaire de protéger.

Si nous regardons maintenant à l’échelle européenne, la directive « Habitats » (1992) concernant la conservation des habitats naturels (faune et flore sauvages) intègre la gestion des éléments du paysage et le 6e programme d'action pour l'environnement (2002) insiste sur la conservation et l'amélioration des paysages pour la qualité de la vie et le fonctionnement des systèmes naturels. La Convention européenne du paysage dite « de Florence » (Conseil de l’Europe, 2000) porta sur les espaces naturels, ruraux, urbains et périurbains et développa une approche dynamique allant de la protection à l’aménagement. Nous observons une approche différente entre le droit français orienté sur la nature visuelle du paysage et l’approche européenne qui fait du paysage un élément constitutif de l’environnement dont il ne peut être détaché. Dans son article 1e, la convention apporte la définition suivante du paysage : « désigne une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations. » Ici, le paysage se définit de façon globale et «  il n’est pas limité à des éléments culturels, artificiels ou naturels : le paysage forme un tout, dans lequel les éléments constitutifs sont considérés simultanément dans leurs interrelations. »

L’UNESCO a donné une définition des paysages culturels : ceux-ci présentent les « oeuvres conjuguées de l'être humain et de la nature, ils expriment une longue et intime relation des peuples avec leur environnement. » La Convention du patrimoine mondial (1992) fut le premier instrument juridique international à reconnaître et à protéger les paysages culturels qui illustrent l'évolution de la société sous l'influence de leur environnement naturel. Ces paysages culturels se divisent en trois catégories majeures (UNESCO, 2014) : le paysage clairement défini et créé intentionnellement par l’homme (ce qui comprend les paysages de jardins et de parcs créés pour des raisons esthétiques), le paysage évolutif résultant d'une exigence à l'origine sociale, économique, administrative et/ou religieuse (paysage relique dont les caractéristiques passées restent matériellement visibles ou paysage vivant qui conserve un rôle social actif), et enfin le paysage culturel associatif (association des phénomènes religieux, artistiques ou culturels à l'élément naturel sans traces matérielles tangibles). Bien que ces définitions s’appliquent à des sites très spécifiques relevant d’un intérêt international, elles sont éclairantes sur les différentes interactions possibles entre une société et son environnement pour former un paysage culturel ordinaire. Les gradations allant de l’association à l’intervention et de la conservation à l’évolution continue peuvent nous permettre de penser plus finement nos relations avec les paysages culturels. La définition du paysage culturel qui sera retenue ici tient de ces trois strates : celle de la perception par les populations et d’une dynamique des territoires. Dans un pays fortement anthropisé comme le notre, tout est paysage culturel car perçu et modifié de longue date. Le paysage est alors assumé comme un ensemble de signes qui sont autant de reflets incomplets et déformés de signifiés naturels. Le paysage devient même patrimonial dès lors que la société lui attribue une valeur mémorielle, historique ou esthétique particulière. 

Par la suite, nous nous attacherons plus spécifiquement aux paysages littoraux atlantique. Ce littoral se compose pour sa partie naturelle de falaises, de dunes et de landes côtières, de plages, de forêts et zones boisées côtières, de parties naturelles des estuaires, de marais… Mais à bien y regarder, il est surtout caractérisé par des zones urbaines, artisanales et portuaires, ainsi qu’un réseau routier dense. Les sols cultivés y sont plus fragmentés et insérés dans des territoires urbanisés. Pourtant nous avons une représentation idyllique de ces paysages littoraux avec une forte connotation balnéaire. Cette représentation s’est construite avec l’essor du tourisme et le marketing publicitaire tout en réduisant considérablement la grande variété des éléments de paysages à quelques archétypes. Elle conditionne non seulement notre regard mais aussi le rapport de proximité que nous entretenons avec le rivage. 

Face à la dégradation alarmante des paysages littoraux, le rapport Piquard de 1973 sur les perspectives à long terme du littoral français posait les fondements de la politique d’aménagement et préfigurait la loi n° 86-2 du 3 janvier 1986 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral, dite « loi littoral ». Cette dernière appartient à un type de normes législatives se limitant à énoncer des principes généraux devant ensuite trouver une application locale dans l'élaboration des documents de planification. Elle structure le paysage littoral en plein en fixant la liste des espaces à préserver, et en creux par les limites d’urbanisation qu’elle suggère. Son application a considérablement joué dans le renouvellement de la perception des paysages littoraux en offrant un cadre réglementaire aux débats locaux.
 

Des oeuvres conjuguées de l'être humain et de la nature, ils expriment une longue et intime relation des peuples avec leur environnement.

UNESCO

Effets du changement climatique sur les paysages littoraux


Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a diffusé en 2014 son 5e rapport  : en fonction du scénario d'émissions contrôlées (RCP2) ou d'émissions fortes (RCP 8.5), le changement climatique n’aura pas les mêmes effets en matières de températures et de précipitations. Depuis un demi-siècle, le réchauffement observé est net, d'environ 0,7°C, dû à la variabilité naturelle mais surtout aux facteurs anthropiques directs. Dès 2030, une hausse des températures moyennes se fera nettement sentir et cette tendance s’amplifierait puisque nous pourrions observer en 2100 une hausse moyenne de 2°C et estivale de l’ordre de 5,5° C (dans le scénario le plus pessimiste et à certains endroits) s’accompagnant d’une hausse significative du nombre de jours de canicules et d’une généralisation des périodes de sècheresse (fig. 1 : évolution des températures entre 2000 et 2050). L’élévation moyenne des températures (air et eau) devraient entrainer la précocité des événements printaniers et le déplacement des habitats terrestres des plantes et des animaux ainsi que le déplacement des algues, du plancton et des poissons. Elle entrainera aussi des risques d’incendies de forêt plus importants. L’accroissement des épisodes de fortes précipitations pourrait entrainer des inondations, des glissements de terrain et avoir un impact sur la productivité des cultures. Ces effets auront des impacts notoires et directs sur la flore et donc les paysages tels que nous les connaissons aujourd’hui.

L’élévation régulière du niveau de la mer est constante depuis le début du 20e siècle s’accélère depuis trente ans sans pour autant que cette élévation soit géographiquement uniforme (CGEDD, 2011). La montée de son niveau moyen combinée à la modification du régime des tempêtes aura pour effet une accélération du recul de certaines parties du littoral, des submersions temporaires plus fréquentes, une fragilisation des cordons dunaires, la réduction des plages voire la disparition de plages de poche. L’augmentation du niveau de la mer rendra nécessaire le renforcement en hauteur et en solidité des ouvrages de protection maritime au risque de la perte de terres côtières. Enfin, l’augmentation des intrusions salines dans les aquifères côtiers entrainera le développement de nouvelles lagunes et l’appauvrissement des sols agricoles côtiers. La diminution des eaux douces souterraines pour les différents usages (urbain, touristique et agricoles) nécessitera le recours à des techniques de stockage temporaire de l’eau (fig. 2 : réserve de substitution en eau). La modification par envasement ou eutrophisation des marais salants aura des conséquences sur les activités humaines, notamment sur la conchyliculture. Les effets du changement climatique conduiront nécessairement à des évolutions des paysages littoraux qu’il est difficile de prévoir aujourd’hui. Vu que l’intensité des ces effets est incertaine et fait l’objet de plusieurs scénarios de la part du GIEC, leurs conséquences sur les paysages sont encore plus incertaines. D’autre part, la description analytique des effets du changement climatique donne une vision incomplète de la situation à venir car leur combinaison produira des effets croisés restructurant les paysages selon les contextes locaux et selon des rythmes superposés. 

Il convient de remarquer que l’avènement des effets du changement climatique obéit à des temporalités et des rythmes variés. L’augmentation des températures moyennes engage une transformation continue tandis que le recul du trait de côte s’opère déjà par saccades irrégulières sous l’assaut des tempêtes hivernales. La position du trait de côte, par exemple, est mobile par nature et a beaucoup bougé par le passé. Au sein de ce mouvement lent, les cordons dunaires et les forêts littorales possèdent leur propre rythme d’évolution et l’ensemble forme des paysages littoraux dynamiques dont les variations nous sont plus ou moins perceptibles. Il faut s’attendre dans les prochaines décennies à des évolutions majeures du littoral avec le déplacement du trait de côte, la modification importantes des milieux et des habitats (modification des aires de réparation de la faune et de la flore), la réduction possible de certains paysages pittoresques comme les marais littoraux et l’apparition de nouveaux paysages lagunaires par exemple. À partir de quand nous rendrons-nous compte que les choses ont changé : lorsque nous ne pourrons plus utiliser le sentier des douaniers que nous affectionnions, lorsque nous ne trouverons plus dans les champs les fleurs de notre enfance ? Se croisent deux phénomènes que sont le rythme des changements et la perception que nous en avons ; l’évolution dans le temps des milieux s’adaptant au climat est une chose et notre perception des paysages une autre. Puisque ce qui fait paysage pour nous n’est qu’une vision sélective du monde, nous pouvons poser sérieusement la question de notre perception des évolutions lentes d’autant que la plupart d’entre-nous ne fréquente que ponctuellement le littoral. 

Le littoral atlantique se caractérise par la coexistence de deux types d'organisation de l'espace : une étroite bande côtière fortement urbanisée et un arrière-pays jusqu'à présent marqué par les paysages et les activités rurales, souvent largement déconnecté des flux touristiques. La sur-fréquentation des touristes pèse déjà lourdement sur les milieux littoraux et le bord de mer ne cesse de s’urbaniser - malgré la loi littoral - avec la prolifération des résidences secondaires, de voiries, de services balnéaires. En réaction aux effets du changement climatique voyant une accentuation des risques à proximité directe du rivage, des politiques d’adaptation vont nécessairement modifier notre rapport au rivage et plus généralement les pratiques du littoral. Nous postulons que l’appréciation de ces évolutions passera par la perception du paysage tant l’usage et l’occupation des sols reposent sur des représentations culturelles.
 

Fig. 1 : Évolution des températures entre 2000 et 2050 (source Météo France)

Fig. 1 : Évolution des températures entre 2000 et 2050 (source Météo France)

Fig. 2 : Réserve de substitution en eau (Benon) à usage agricole faisant l’objet d’un contentieux pour non respect du PLU. Ces ouvrages s’imposent violemment dans le paysage en formant une barrière visuelle par les merlons (d’une hauteur pouvant atteindre 10 m) qui les composent.

Fig. 2 : Réserve de substitution en eau (Benon) à usage agricole faisant l’objet d’un contentieux pour non respect du PLU. Ces ouvrages s’imposent violemment dans le paysage en formant une barrière visuelle par les merlons (d’une hauteur pouvant atteindre 10 m) qui les composent.

Adaptare


Les effets du changement climatique auront des conséquences sur les milieux engageant les écosystèmes vers une transformation inéluctable tant que leur résilience est possible. La capacité des écosystèmes à supporter les changements climatiques locaux associés aux atteintes anthropiques (fragmentation écologique, pollution…) est très difficilement prévisible localement, bien que globalement nous sommes sur d’une adaptation « naturelle » par modification de la distribution des espèces ou variation de la diversité biologique. Si de nombreuses espèces de poissons migrent déjà vers le nord, la situation terrestre apparait plus complexe puisque la faune se trouve confrontée à une fragmentation des milieux, due en grande partie à l’urbanisation et aux infrastructures de transport, pouvant empêcher leur migration vers des milieux refuges. Les espèces terrestres s’adapteront à condition de disposer de corridors biologiques intégrés dans les trames vertes (existantes, à restaurer ou à créer) pour assurer leurs migrations annuelles ou définitives. 

L’adaptation voulue. Parallèlement à cette adaptation naturelle, l’adaptation anthropique en général et du paysage en particulier doit être interrogée. L’adaptation vise à réduire la vulnérabilité, qui se définit comme une exposition locale aux effets du changement climatique en fonction d’une sensibilité à ses conséquences possibles et d’une capacité à y faire face. La politique des risques en France s’est établie en grande partie sur l’inondation et la submersion temporaire avec le déploiement jusqu’à ce jour des plans de prévention du risque d’inondation (PPRI) et littoraux (PPRL) par l’État. Cette culture nationale du risque a déjà considérablement transformé les paysages fluviaux et côtiers avec l’édification d’endiguements et d’autres défenses (fig. 3 : digue du Martrais). Nous devons considérer que l’adaptation au changement climatique va impacter autant voir plus les paysages. Déjà les politiques d’atténuation promouvant la production d’énergie renouvelable ont eu un impact important sur certains territoires ruraux ou périurbains avec l’implantation d’éoliennes et de centrales photovoltaïques. Demain, l’adaptation de l’agriculture voyant une évolution des modes de cultures et des variétés et l’émergence d’un modèle urbain plus résiliant provoqueront autant d’évolution des paysages.

L’UNESCO présente l’adaptation comme étant avant tout dépendante des valeurs sociales locales dans la perception des risques. En ce sens, l’adaptation possède une dimension culturelle s’appliquant sur des paysages pris au sens du territoire de vie tel que perçu. D’autre part, la maladaptation, qui accroit la vulnérabilité ou l’exposition, nous oblige à repenser les projections des sociétés dans le temps, en particulier dans le temps long, alors que nous observons un rétrécissement de notre horizon temporel dû à « la décomposition des enchaînements d'actions et d'expériences en séquences de plus en plus brèves, avec des zones d'attention qui se réduisent constamment » (Rosa, 2010). Malgré l’augmentation des contingences environnementales, l’action à court terme prévaut sur la régulation et s’accompagne d’un caractère éphémère et transitoire des représentations. Dès lors, nous pouvons interroger le regard que nous portons sur les paysages et sur leurs évolutions qui se heurtent à une difficulté d’interprétation liée au temps : les modifications vécues et observées paraissent d’une relative stabilité, alors qu’elles sont en fait le fruit d’une évolution permanente des milieux.

Des impacts subis à l’utilisation du paysage comme ressource. Au-delà du déterminisme climatique visant à expliquer la diversité culturelle par le climat, l’évolution climatique contemporaine sans précédent est en train de bouleverser notre approche des territoires. Dans le domaine de l’aménagement, l’adaptation se définit comme l’ensemble des interventions réalisées pour limiter les impacts négatifs du changement climatique et tendre vers une acceptabilité des nouvelles conditions de vie qui en découlent. L’adaptation peut prendre différentes formes allant d’une réponse ponctuelle, à une transformation continue en passant par des modifications incrémentales et des réadaptations. Si, la résilience écologique correspond bien à la capacité d’un système à faire face à une perturbation pour poursuivre son développement, cette question est distincte, bien que dépendante, de celle liée à la vulnérabilité et l’adaptation des sociétés qui possèdent une capacité réflexive pour affronter des conditions climatiques prévisibles. La définition de l’adaptation renvoie donc à plusieurs réalités allant de la réaction spontanée des milieux à la projection planifiée des sociétés qui engagent une évolution des paysages alors même qu’une certaine tendance vise à les figer par des représentations fixistes. Il est proposé un retournement de point de vue : le paysage doit devenir un outil culturel pour penser les évolutions à venir de la société et par la même être porteur de la philosophie d’adaptation.

La prise en compte du paysage comme support à l’analyse transversale d’un territoire et comme outil au service d’une politique d’aménagement commence peu à peu à s’imposer. Jusqu’alors, le paysage n’était pas considéré comme une ressource à l’exception de l’extraction ou de la production agricole et forestière. Le développement identitaire des territoires, et particulièrement littoraux, se fonde aujourd’hui sur la reconnaissance de la richesse paysagère et culturelle comme le démontre le succès des opérations « Grand site de France ». Le paysage tend de plus en plus à être considéré comme créateur de richesse par l’attractivité et les aménités récréatives et culturelles qu’il génère. La logique exacerbée du zonage dans la planification territoriale avait conduit à un regard abstrait sur ces zones naturelles ou agricoles. Or l’approche culturelle tend à fusionner la distinction entre l’urbain et la nature au profit de la perception d’un cadre de vie rattaché à une identité territoriale locale.

Triple adaptation. Nous sommes donc en face d’une triple adaptation du paysage aux côtés de l’évolution géophysique du territoire (tel que le recul du trait de côte). D’une part, l’auto-adaptation des milieux - l’adaptation de la biodiversité ordinaire - modifiera substantiellement et directement les paysages. Sur le littoral atlantique, cette adaptation touchera autant le milieu marin et le rivage que l’arrière-pays. Ensuite, les adaptations anthropiques et les participations à l’atténuation - les mutations urbaines, agricoles ou énergétiques - ont et auront des répercussions indirectes sur les paysages plus ou moins maîtrisées avec la systématisation des études d’impact. Dans ces deux premiers cas, la transformation des milieux et des écosystèmes sera passée au crible de nos perceptions dans la représentation collective que nous élaborons des paysages (fig. 4 : perception des paysages et changement climatique). Une troisième voie prend le paysage comme ressource et moyen pour lutter contre les effets du changement climatique en développant des stratégies d’atténuation et d’adaptation. Mobilisant majoritairement des politiques publiques et faisant l’objet de démarches de projet, ces actions sont largement médiatisées et feront l’objet à minima de concertation et de communication. Dès lors, elles entreront directement dans la construction culturelle de nos représentations des paysages. 
 

Un rétrécissement de notre horizon temporel dû à « la décomposition des enchaînements d'actions et d'expériences en séquences de plus en plus brèves, avec des zones d'attention qui se réduisent constamment »

Armut Rosa

Fig. 3 : Digue du Martrais sur l’Île de Ré Suite à la tempête Xynthia, la digue qui défend le passage du Martrais (Ars-en-Ré) est actuellement renforcée dans le cadre d’un PAPI de l’île de Ré. Elle se présente comme un rempart physique de plusieurs mètres de hauteur qui protège l’unique route reliant les cantons nord et sud rappelant que cet isthme était autrefois un détroit.

Fig. 3 : Digue du Martrais sur l’Île de Ré Suite à la tempête Xynthia, la digue qui défend le passage du Martrais (Ars-en-Ré) est actuellement renforcée dans le cadre d’un PAPI de l’île de Ré. Elle se présente comme un rempart physique de plusieurs mètres de hauteur qui protège l’unique route reliant les cantons nord et sud rappelant que cet isthme était autrefois un détroit.

Fig. 4 : Modification des paysages et changement climatique

Fig. 4 : Modification des paysages et changement climatique

Projet d’adaptation à partir de la notion de paysage culturel


Lire et écrire le paysage culturel. Lire, c’est-à-dire comprendre notre relation à ces paysages affectifs / affectés et renouveler notre regard sur eux par de nouvelles pratiques. L’enjeu est de taille lorsque les prévisions projettent l’installation de plus de quatre millions d’habitants supplémentaires d’ici 2040 dans les départements littoraux métropolitains. Ce développement s’accompagnera de nouvelles activités liées à l’urbanisation, au tourisme, aux énergies renouvelables dans un paysage peu à peu transformé par les effets du changement climatique.

Évolution du trait de côte. Sous l’effet conjugué de l’érosion littorale (fig. 5 : Risques d’érosion et de submersion marine) et de l’élévation du niveau de la mer, les côtes basses vont supporter des submersions définitives et une modification significative de leur faciès. Par endroit, le déplacement du trait de côte pourrait atteindre plusieurs centaines de mètres d’ici à la fin du siècle. Sur le littoral atlantique, les terres poldérisées, basses ou les estuaires sont particulièrement menacés. Toutes nos occupations et pratiques littorales risquent à terme d’être transformées et en premier lieu l’urbanisation. Les fronts de mer se sont considérablement densifiés avant que la loi littoral en limite l’expansion. Ailleurs, comme sur l’Île de Ré, c’est une urbanisation plus diffuse de résidences secondaires qui s’est développée sous les côtes de submersion. Notre rapport aux risques littoraux changera dans les prochaines décennies avec la recrudescence des évènements météorologiques. Déjà, la succession de tempêtes qui ont frappé les côtes atlantiques durant l’hiver 2013 / 2014 (Aquitaine et Bretagne) a modifié le regard des riverains et estivants sur la vulnérabilité de certains territoires. 

Dans le cadre de la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (adoptée en mars 2012), cinq projets ont été retenus par l'appel « Expérimentation de la relocalisation des activités et des biens : recomposition spatiale des territoires menacés par les risques littoraux » (MEDDE, 2012). Répartis sur l’ensemble des façades maritimes métropolitaines et ultramarines, ces 5 expérimentations (dont une pour la côte aquitaine) démontrent toutes la difficulté financière et administrative d’envisager le repli stratégique d’activités vulnérables. Or il faut s’attendre à ce que les atteintes à l’urbanisme soient généralisées et nécessitent une réponse d’ampleur en repliant massivement les activités les plus exposées. Le renforcement des défenses côtières sera inopérant à terme : qui accepterait le remplacement d’un parapet par une digue de 2,00 m de hauteur en front de mer d’une ville balnéaire ? Il faudra bien envisager la reconfiguration des quartiers les plus touchés avec une modification considérable des formes urbaines. Notre relation au rivage et les formes d’appropriation touristiques actuelles vont être transformées où l’appropriation laissera place à une fréquentation encadrée. En Charente-Maritime et en Vendée, les expérimentations de renaturation sur les zones de solidarité définies après la tempête Xynthia peuvent laisser à penser que la restauration des systèmes naturels littoraux sera la meilleure des protections contre les submersions, par la recréation de larges cordons dunaires servant d’amortisseurs. Ce nouveau paysage se fondera sur des services naturels indéniablement utiles engageant à de nouvelles pratiques. Non seulement la physionomie de la côte va intrinsèquement changer, mais notre regard va aussi évoluer par une prise de distance et un renouveau de la fréquentation. 

L’urbanisme littoral, lorsque cela sera rendu nécessaire, va aussi changer de physionomie avec le report des activités les plus sensibles et en particulier certains établissements touristiques et de loisirs. Il ne tient qu’à nous de veiller à la qualité urbaine des nouveaux aménagements en résorption des excès incontrôlés de la seconde parties du 20e siècle (fig. 6 : Immeuble Signal). Proche du rivage, une dynamique des représentations va s’opérer en hybridant les images issues d’un passé balnéaire de masse avec les nouvelles pratiques. Lorsque certaines communes réfléchissent dès à présent à déplacer des campings littoraux en retrait des zones de danger sur du foncier restant disponible en rétro-littoral, elles influencent de fait la relation des estivants au rivage. Lorsqu’il s’agira de déconstruire une bande côtière urbanisée par des résidences secondaires pour rendre ces espaces « à la nature », la ré-appropriation collective de ce rivage, même accompagnée par des restrictions publiques d’accès, sera d’un tout autre type qu’une barrière immobilière privée. La « renaturation » ainsi opérée - alors même qu’elle vise au retour à un état antérieur (fig. 7 : Ancien lotissement des Voiliers) - sera porteuse d’une intervention humaine évidente sur le paysage qui ne manquera pas d’influencer ses représentations. En l’occurence, l’adaptation littorale au changement climatique s’appuiera sur une représentation culturelle du littoral et il est fort à parier que sa transformation mette autant en jeu des questions juridiques (que la force des évènements climatiques nous imposera) que des questions culturelles. L’approche par ce biais pourrait même constituer un levier important dans l’acceptabilité des transformations à venir.

Opposition dépassée entre littoral et arrière-pays. La définition des termes de littoral et rétro-littoral peut varier en fonction des champs disciplinaires. Une fois encore recours à la loi littoral peut aider dans l’analyse. Est espace proche du rivage tout espace sur lequel l’influence marine se fait directement sentir. Nous pouvons en déduire que le rétro-littoral commence juste derrière sans pouvoir dire jusqu’où il s’étend par manque de définition claire. Sont rétro-littoraux les espaces polarisés par l’activité touristique balnéaire. Ils sont clairement reconnaissables par leur esthétique générique qui va des ronds-points aux décors nautiques (fig. 8 : Saint-Georges-de-Didonne) à la présence d’activités spécifiques tels que les camping en passant par la densité de résidence secondaire. L’arrière-pays - ou hinterland - peut se définir comme partie de territoire ayant un lieu d’interdépendance avec le littoral. Le paysage d’arrière-pays a énormément évolué dans la seconde partie du 20e siècle sous le coup du remembrement agricole. Il s’agit aujourd'hui d’un paysage fortement malmené et souvent déconsidéré par les politiques publiques qui se sont concentrées en très grande partie sur les zones littorales. 

Or il existe un système d’interdépendances trop souvent nié entre le littoral et son arrière-pays. L’arrière-pays est cantonné dans une ruralité refoulée quant bien même les actifs travaillant sur la côte y habitent souvent, attirés par des valeurs foncières plus abordables. S’il y a toujours eu dans l’histoire des relations fonctionnelles entre les rivages et leur hinterland (relations de subsistance), il existe au-delà l’appartenance à un même micro-climat océanique. Ces relations historiques d’interdépendance ont été oubliées au 20e siècle avec l’essor du tourisme et la sur-spécialisation du littoral. Le report à venir des activités et plus généralement les stratégies territoriales d’adaptation aux effets du changement climatique pourraient remettre cette distinction en cause. Dans l’hypothèse d’un délaissement de l’urbanisation littorale vulnérable, une ligne de repli devra être définie par extrapolation des tendances des mouvements historiques du trait de côte et du recul épisodique lié aux tempêtes extrêmes mais cette ligne ne saurait d’aucune manière se substituer à un projet territorial d’ensemble. Quitte à redéployer des activités avec un coût notoire de démolition / reconstruction, pourquoi ne pas réfléchir à une restructuration dans un temps long des territoires littoraux et aux déplacements de certaines fonctions dans l’arrière-pays dans un vaste projet d’urbanisme et de paysage. Plutôt qu’une urbanisation linéaire suivant les côtes, nous pourrions nous orienter vers une urbanisation perpendiculaire à ces dernières, reliant l’arrière-pays au rivage.

Le bocage caractéristique du grand ouest est la structure paysagère qui a le plus souffert par l’élimination progressive des talus boisés. Or ce vaste réseau, densifié au cours du temps par le partage des héritages, jouait un rôle écologique important. La recréation d’une trame verte caractérisée par des nœuds d’importances diverses - sources de biodiversité en prenant en compte la diversité des habitats -  apporterait une transformation corrective de l’abstraction agricole de ces dernières décennies. D’autre-part, la polarisation côtière a quelque peu fait oublier l’importance du réseau hydrographique rétro-littoral et d’arrière-pays caractérisé par un chevelu hydrographique dense en relation avec les marais littoraux. Du fait de leur état de dégradation, ces cours d’eau et ruisseaux sont trop souvent niés dans les paysages. Or ce même chevelu hydrographique est structurant et a considérablement influencé au cours de l’histoire l’organisation urbaine et agricole au point de faire de l’eau un élément fédérateur de bien des paysages rétro-littoraux et d’arrière-pays (d’autant que le relief y est souvent quasiment inexistant). L’adaptation au changement climatique des territoires littoraux pourrait s’appuyer sur la géographie naturelle en utilisant judicieusement la trame bleue que les cours d’eau forment entre eux. La montée prévisible des températures moyennes va changer le régime des rivières. Leur réhabilitation et leur accompagnement paysager pourrait amortir un éventuel assèchement estival et à l’inverse, les conséquences des fortes précipitations rendent nécessaire la restauration du champ d’expansion de crues (SOGREAH, 2011).

Trame paysagère. Nous pourrions imaginer que l’amplification de la trame verte et bleue puisse développer une trame paysagère qui assurerait la liaison entre les différentes unités paysagères de ces territoires (naturelles, urbanisées et agricoles). À partir de la réhabilitation des cours d’eau et de l’amplification de la trame verte, le paysage peut être considéré comme porteur de nouvelles valeurs dans un projet d’aménagement territorial : une extraordinaire structure apparait pour organiser les déplacements, la gestion de l’eau et délimiter l’urbanisation. Dans l’objectif de redéployer une urbanisation perpendiculairement au rivage et de faire jouer les liens de solidarités entre littoral et arrière-pays, la trame paysagère pourrait se positionner comme l’élément fédérateur à partir duquel peut s’organiser l’équilibre des territoires entre urbanisation, agriculture et nature en portant une attention particulière sur la notion de lisière. Une trame paysagère se veut doublement évolutive. D’une part, la réhabilitation et l’amplification du paysage existant prendra plusieurs décennies pour arriver à maturité. Mais d’autre part, l’adaptation durable des territoires concernés nécessitera une succession d’états que ce paysage amplifié accompagnera par son maillage préfigurateur (fig. 9 : Projet prospectif intitulé « La Prémonition d’Antioche »). 
 

Fig. 5 : Risques d’érosion et de submersion marine (source Jean Richer)

Fig. 5 : Risques d’érosion et de submersion marine (source Jean Richer)

Fig. 6 : Immeuble Signal L’immeuble Signal de Soulac-sur-Mer (Gironde) fut édifié en bord de mer dans la seconde partie du 20e siècle. Aujourd’hui menacé par l’érosion dunaire, il a été racheté et vidé par l’État pour éviter la surexposition de ses habitants.

Fig. 6 : Immeuble Signal L’immeuble Signal de Soulac-sur-Mer (Gironde) fut édifié en bord de mer dans la seconde partie du 20e siècle. Aujourd’hui menacé par l’érosion dunaire, il a été racheté et vidé par l’État pour éviter la surexposition de ses habitants.

Fig. 7 : Lotissement des Voiliers (la Faute-sur-Mer) Le lotissement des Voiliers a vu les pertes humaines les plus importantes lors de l’évènement Xynthia. État transitoire après déconstruction (2014).

Fig. 7 : Lotissement des Voiliers (la Faute-sur-Mer) Le lotissement des Voiliers a vu les pertes humaines les plus importantes lors de l’évènement Xynthia. État transitoire après déconstruction (2014).

Fig. 8 : Giratoire à Saint-Georges-de-Didonne Paysage littoral contemporain générique fondé sur une esthétique maritime éloignée de la réalité du territoire de vie.

Fig. 8 : Giratoire à Saint-Georges-de-Didonne Paysage littoral contemporain générique fondé sur une esthétique maritime éloignée de la réalité du territoire de vie.

Fig. 9 : Image directrice de « La prémonition d’Antioche » Étude prospective d’adaptation aux effets du changement climatique pour la partie nord du département de la Charente-Maritime. Les enjeux principaux sont la submersion par élévation prévisible du niveau de la mer (hachurage noir) et les risques de retrait et de gonflement des argiles (aplats mauves). La renaturation littorale s’accompagne d’une amplification de la trame verte et bleue (trame verte) tandis que la réurbanisation s’opérera par densifications localisées dans l’arrière-pays (pastilles violettes).

Fig. 9 : Image directrice de « La prémonition d’Antioche » Étude prospective d’adaptation aux effets du changement climatique pour la partie nord du département de la Charente-Maritime. Les enjeux principaux sont la submersion par élévation prévisible du niveau de la mer (hachurage noir) et les risques de retrait et de gonflement des argiles (aplats mauves). La renaturation littorale s’accompagne d’une amplification de la trame verte et bleue (trame verte) tandis que la réurbanisation s’opérera par densifications localisées dans l’arrière-pays (pastilles violettes).

Paysage et culture du temps
 

Les définitions réglementaires mettent en valeur un paysage perçu par le regard et en relation étroite avec les sociétés.  Les effets du changement climatique qui vont affecter les milieux auront des répercussions évidentes sur l’aspect des paysages et sur nos représentations en faisant évoluer notre rapport et nos pratiques aux territoires. Les projets d’adaptation pourraient utilement s’appuyer sur la ressource qu’est le paysage pour entamer la réduction des vulnérabilités. Encore faudrait-il construire des représentations du paysage qui fassent état de ses évolutions. 

L’appréciation culturelle des évolutions du paysage doit passer par une prise en compte des temporalités qui s’y appliquent. Les changements qui l’ont affecté au 20e siècle étaient d’un autre ordre que ceux qui l’attendent maintenant sous les effets du changement climatique. Au côté de l’évolution intrinsèque des éléments paysagers se place la perception humaine dans l’instant et sa projection dans le temps. Si nous voulons appréhender au mieux le paysage comme moyen de nous adapter aux évènements à venir, nous aurions intérêt à développer une écologie du temps. Cette écologie spécifique pourrait prendre appui sur l’observation méthodique des paysages - avec le développement des observatoires photographiques par exemple - qui aurait le double avantage d’interroger notre perception réelle de la nature des éléments paysagers présents sous nos yeux et de mesurer leur transformation. Si le paysage européen est par essence culturel, il convient de développer une nouvelle approche du paysage car les transformations qui nous attendent nécessitent dès à présent de l’envisager comme un outil essentiel dans nos politiques d’adaptation au changement climatique, quelque soit le contexte, et en milieu littoral particulièrement.

Bibliographie

Documents
Commissariat général au développement durable (CGEDD). « Paysage et aménagement : propositions pour un plan national d’action ». 2014


Commissariat général au développement durable (CGEDD). « Impacts à long terme du changement climatique sur le littoral métropolitain ». (2011)


Conseil de l’Europe. « Convention européenne du paysage et documents de référence ». 2000


IPCC. « Fifth Assessment Synthesis Report. Approved Summary for Policymakers ». 2014


Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDE). « Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte. Vers la relocalisation des activités et des biens ». 2012


Conservatoire du littoral. « Le conservatoire du littoral face au changement climatique ». 2011
Simonet, G. « Le concept d’adaptation : polysémie interdisciplinaire et implication pour les changements climatiques ». In Natures Sciences Sociétés n°17, p. 392–401, 2009


SOGREAH. Stratégies territoriales d’adaptation au changement climatique dans le grand sud-ouest. 2011

Ouvrages et articles
Ambroise, R. « Le paysage, clé d’entrée pour un développement durable des territoires ». In Passerelle n°9, p. 33–37, 2013


Rosa, H. « Accélération, une critique sociale du temps ». Éditions La Découverte, 2010

Sites Internet
Centre du patrimoine mondial. « Paysages Culturels ». at http://whc.unesco.org/fr/PaysagesCulturels/#1


Mulot, V  - Vigneron, AL - Lambert-Habib, ML. « Le littoral face aux changements climatiques ». In Méditerranée [Online], 115 | 2010, Online since 01 December 2012, connection on 14 January 2015. URL : http://mediterranee.revues.org/5264

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :