Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Napperon

Terminus Nord, grande brasserie aux miroirs. Content d’être là avec Jean qui vient me voir de Fontenay. Après avoir sérieusement travaillé à l’agence nous dînons d’un chateaubriand et d’une bouteille de côtes du rhône. Roborative discussion. Bien plus que son sujet ce qui compte c’est le plaisir de se retrouver et d’éprouver une fois de plus que nous sommes pareils : toujours prêts à recommencer quelque chose, jamais si véritablement heureux qu’en projet, en évolution, en questionnement. La conversation achoppe sur le napperon sous la tasse de café. Il est en papier, disposé entre deux soucoupes blanches empilées, de deux diamètres différents. C’est un rien pompeux mais va avec le décorum de la grande brasserie. Pour un peu on se croirait dans une scène de film de Claude Sautet, à humer l’épaisse empathie humaine et des fumées de cigarette des années soixante-dix. Enfin, au Terminus, un peu d’ostentation oblige. Le napperon est en papier mais pourquoi diable essaye-t-il d’imiter un napperon brodé. Et aussi, pourquoi un napperon ? Est-ce une citation, une métaphore, une dégénérescence, une raison économique, est-ce nécessaire, est-ce suffisant ? Conversation passionnée. La deuxième bouteille arrive toute seule sur la table.

 
Jean-Philippe DORE
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