Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Forme urbaine

Architectes, urbanistes, maîtres d’ouvrages, constructeurs, chercheurs, politiques : ces champs disciplinaires saisissent tous la ville par un angle différent. Si la ville fait débat, se prête à la conceptualisation où au constat, il est difficile aujourd’hui d’en obtenir une image globale, ou en tous cas, une image qui fasse l’unanimité. Champ conceptuel mouvant, forme urbaine en mutation constante et rapide, ce qu’on appelle « la ville » est devenu par bien des aspects indéfinissable. Le plus déstabilisant est le hiatus entre l’image traditionnelle de la ville, comme un objet fini, protecteur et rassurant, et ce qu’elle est devenue. Le premier devoir des urbaniste est-il de lutter contre leur propres préjugés ? Quels discours les utilisateurs de la ville dense comme Paris peuvent-ils proposer quand la ville diffuse, diluée, saupoudrée, rompue, éparse, crée sans cesse des sphères d’hébétude ?

 

Nous sommes toujours à un moment donné de la ville. Vivre son temps, c’est constater la fin d’un modèle, que l’on peut de fait caractériser, et essayer de le faire muter ou d’en dégager un autre. Le paradoxe est que l’image que l’on garde de la ville est directement issue de ces modèles précédents. Il ne s’agit pas de dire : la ville contemporaine est tel nouveau modèle, mais plutôt : la ville contemporaine est la contestation et la mutation de tels modèles, au profit de tel ou tel autre. La ville a ses époques et ses générations, tout comme nous.

 
Jean-Philippe DORE

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