Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Psychisme

Nous vivons dans une extension psychique de nous-même, une sorte d'hyperville où nous sommes sur-nourris de sollicitations, d'informations, où tout est message et intention et signification que nous prenons "pour nous". En cela nous reconstituons un intérieur dépourvu d'extérieur, donc de danger, de limite et "d'Autre". C'est pour cela que je voulais parler d'état amniotique (nutritif et protecteur). Castoriadis parle d'état monadique, la monade étant une sorte d'entité parfaite, par exemple l'enfant dans le ventre de sa mère.

 

Et cet "amnios" est finalement très agréable, on y évolue sans douleur, on y désire en permanence, on y consomme en permanence, il n'a pas de fin. Surtout, il y a cet état de la réalité qui fait que les choses, les phénomènes "nous veulent quelque chose", ils sont intentionnels et ne nous laissent jamais seuls. Amnios, c'est à la fois la suppression de la solitude et la suppression du "dehors", c'est l'état de sollicitation mutuelle permanente.

 

Et très loin, au fond, presque inexistant, "le monde des choses en notre absence", le "ça", l'être, vaguement effrayant et ne cadrant pas dans le décor.

 

J'en étais là, à vouloir discuter la question de l'être la-dedans, à me demander si l'être de ce milieu n'était quelque chose de différent quand...

 

je vois comme tout le monde des gratte-ciel s'effondrer à la télévision. Fascinant. Terrifiant. Etrange. Une espèce de gigantesque manifestation de l'Autre et l'effrondrement en miettes de ma belle théorie Amnios. Je ne sais pas quoi en penser sauf qu'il y a la fin d'un état de confiance et d'expansion virtuelle.

 

Un changement d'architecture, de cosmogonie, et étrangement, je trouve, le repli de chacun dans sa coquille personnelle après avoir longuement gambadé dans les prairies virtuelles.

 

Jean-Philippe DORE (2001)

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