Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Réalité - 4

Il y a, placé étroitement devant toute chose, le masque de l'intelligible, ou du langage, qui nous fait prendre cette chose "pour nous", qui nous la rend signifiante. Notre perception même du monde force toute chose en signe, en information, en "virtuel" si l'on veut. Et c'est ici que la position de l'architecture est intéressante: à mi-chemin de la production de la chose (la construction, l'être brut) et de la production du signe (langage, métaphore, "polysémie latente et indéfinie"). L'architecture est la ligne de crête ou la chose bascule en signe, et où le signe redevient chose, constamment. Je trouve cela assez passionnant. Nous avons en main le béton et en tête le rêve (ou peut-être est-ce l'inverse?) et nous nous livrons à cette alchimie obscure.

 

L'architecture, c'est cette ligne de crête, cette métamorphose continue. Elle est à l'intersection des deux mondes. Elle réalise nos visions, qui nous échappent dans le réel, et nous reviennent par le biais le plus inattendu.

 

Lu dans Baudrillard, Cool Memories IV:

"Le seul moment fantastique est celui du premier contact, quand les choses ne se sont pas encore aperçu que nous étions là, quand elles ne se sont pas encore rangées par ordre d'analyse. Même chose pour le langage, quand il n'a pas eu le temps, encore, de signifier."

 

Et aussi dans le Monde du 3/11, son article sur les attentats de NY bien plus que je ne pourrais en dire. Mais ne faut-il pas être fou pour commenter l'actualité?

 

Jean-Philippe DORE (2001)

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