Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Forteresse

 
























 

Passant les Alpes par le col du mont Cenis, on croise cette étrange forteresse. Un panneau d’information explique qu’elle fut édifiée par l’armée française pour protéger la passe rocheuse d’une incursion italienne. Aujourd’hui cette sentinelle désœuvrée n’est plus que le témoin de tensions européennes anachroniques.

 

 L’édifice militaire marque une frontière, ancien arrangement des hommes, que les monts et les vallées ne connaissent pas.  Au pourtour du royaume, il devait y avoir des centaines de passes avantageuses à l’avancement de l’ennemi et à chaque fois une de ces forteresses. Celle-ci aura-t-elle connue des combats ? Sera-t-elle passée de main en main ? Fut-elle obsolète au jeu des traités diplomatiques ? Une seule chose est sure : la garnison devait s’y ennuyer ferme par temps de paix.

 

 Cette forteresse appartient à son paysage. Elle s’y fond par l’emploi de la pierre équarrie posée sur le rocher brut. Son profil est volontairement râblé. Elle  tient à sa fonction militaire : position, angle de tir et de défense. Mais elle appartient aussi à un réseau géographique national nettement plus vaste duquel elle tire son sens et sa fonction.

 

 Paysage et pays sont ici également vrais.

 

 Jean RICHER (2001)

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