Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

La profondeur des choses

Ces espaces voisins, juste séparés par un dedans et un dehors, et malgré leur nature différente, peuvent trouver une unité commune dans la profondeur. Ne pas entendre par profondeur la distance entre une chose proche et une chose lointaine. Ne pas entendre non plus l’escamotage d’une chose par une autre depuis un point unique d’observation. Pour reprendre  la pensée de MERLEAU-PONTY, Ce qui fait énigme, c’est leur lien, c’est ce qui est entre elles – c’est que je voie les choses chacune à sa place précisément parce qu’elle s’éclipse l’une l’autre -, c’est qu’elles soient rivales devant mon regard précisément parce qu’elle sont chacune en son lieu. La profondeur dans ce contexte ne peut être prise comme une troisième dimension complétant largeur et hauteur. Elle les devance dans l’expression d’une « localité » globale présente dans tous les modes de l’espace, y compris la forme.

 

La profondeur déchire l’enveloppe des choses et leur permet de moduler dans l’instabilité.  En ce sens, elle rapproche l’expérience de l’Ame, qui voit la pensée fluctuer dans les étendues de l’Etre et le déplacement dans l’espace du dehors, où les choses perdent leur caractère anguleux pour s’offrir plus que se poser, et s’exhaler vaporeusement au regard qui les cueille.  

 

Jean RICHER

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :