Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Métapolis vs Métacité

Ce titre demande quelques explications. Il fait référence à deux conceptions antagonistes de l’hyper-ville qui se sont entrechoquées en 1995. « Métapolis » est un terme inventé par François Ascher, professeur à l’institut français d’urbanisme, tenant d’un étalement pacifié de la ville de demain et « métacité », invention du philosophe Paul Virilio, désignant une ville planétaire sans localisation.

 

Des villes à la ville télétopique

 

Deux mouvements sont dès à présent observables. Une dilution inaugurée sous l’action de la voiture et du téléphone : l’étalement des villes s’accélère. Le sprawling, terme américain, pour définir l’étalement à perte de vue de l’habitat, relié par des échangeurs autoroutiers. François Ascher introduit alors le concept de métapole : une métapole est l’ensemble des espaces dont tout ou une partie des habitants, des activités économiques ou des territoires sont intégrés dans le fonctionnement quotidien d’une métropole. Une métapole constitue généralement un seul bassin d’emploi, d’habitat et d’activité. Les espaces qui composent la métapole sont profondément hétérogènes et pas nécessairement contigus.

 

Second mouvement, la contraction absolue de la communication instantanée, la communication électronique, d’un antipode à l’autre, qui réduit la planète à un rien. Hier, la ville était le lieu du marché, de la foire, de la concentration monétaire. Ensuite, ce fut le lieu de l’emploi, de la mine, de l’usine. Aujourd’hui, ni la finance, ni l’économie ne requière plus de proximité. On est peut être en plein désert et en même temps au cœur de l’hyper-ville. Il y a donc déterritorialisation. Ce qui faisait le lien, avec la terre, puis avec l’usine, avec le bureau, est en train de disparaître. On entre dans une civilisation issue «  d’un autre principe que celui de la localisation » selon l’expression de Thierry Gaudin, de la mission prospective 2100.

 

Les nouvelles technologies affectes déjà tout ce qui constitue la ville, brouillant les frontière entre maison et bureaux : administration, banque, bibliothèque, poste, …magasins du fait des services en ligne. La livraison à domicile s’annonce déjà comme un grand enjeu de voirie considère les municipalités.

 

Jean RICHER

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