Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Destandardisation

Les processus de destandardisation des modes de vie font que les rapports des individus entre eux et leur rapport à l’espace s’avèrent à la fois plus segmentés, plus discontinus, et plus sélectivement connectés. Ces désynchronisations des rythmes sociaux et des genres de vie, que Edith Heurgon analyse finement dans son ouvrage « Nouveaux rythmes urbains, quels transports », se répercutent directement sur les stratégies individuelles de mobilité dans les transports en commun et plus généralement sur l’usage de la ville.

 

A la lecture du livre « condition of Postmodernity » de David Harvey sur la condition postmoderne de nos sociétés, certaines considérations éclairent particulièrement notre étude. La vision classique des réseaux de transport consiste à opposer la géographie réticulaire et l’insertion des points de réseaux dans un rapport d’échelle. Or pour la géographie contemporaine portée par Harvey, les conditions d’échelle sont remplacées par celles de champs de possible, en prenant l’exemple du changement économique de ces dernières décennies où l’économie de « niches », de cibles potentielles, s’est substituée à l’économie de masse, basée sur la production quantitative. La remise en cause de la notion d’échelle en tant que rapport de taille, ou de distance, laisse supposée  pour l’espace urbain à la suppression des rapports de contiguïté au profit de champs d’influence, plus ou moins attractifs qui polarisent l’environnement.

 

Jean RICHER

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