Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Migration

Migrer, changer de pays, partir travailler à l’étranger. C’est bien, c’est l’aventure.

 

J’ai débarqué la première fois un mois d’août brulant de 2003. Dans une très jolie ville étudiante, vivante, internationale. Trois autres villes plus tard, je finis dans une autre, en forme d’éventail.

Elle se trouve au pays de la bière bonne et pas chère,

des sauces salades indigestes,

de la saucisse (je vous déconseille d’avoir plus de 2 pattes, vous seriez automatiquement transformé en plus-de-2-pattes-Wurst),

des chaussettes portées élégamment sous les Birkenstock pour flâner en ville,

des mots qui peuvent avoir des dizaines et des dizaines de lettres,

des mots qui peuvent avoir 10 consonnes pour 2 voyelles,

des vêtements pratiques (pratiques on vous dit !),

des dialectes tellement différents les uns des autres que les gens du nord au sud ne se comprennent pas,

des gens gentils (très gentils, trop gentils),

de la bouffe Bio,

des médicaments naturels à base de plantes et pas efficaces,

des femmes qui s’arrêtent de travailler dès qu’elles ont un enfant (quelle honte de recommencer à travailler… nan mais franchement),

des skin sympas,

des 14 millions de poubelles différentes dans les maisons,

des 14 millions de poubelles différentes dans les gares,

des 14 millions de poubelles différentes dans les bureaux,

mais d’une seule filière de déchets (hein ?),

des d’jeuns branchés dans les rues tous les après-midi parce qu’ils ont plus école à partir de 13h,

des coupes de cheveux affligeantes (la mode est à la coupe mulet en ce moment),

des bottes blanches,

des jeans blancs,

des ceintures roses à paillette,

des grands parcs avec plein d’arbres dans les villes (ça fait du bien de respirer),

du rythme de vie ‘à la cool’,

des cheucheucheu…

 

J’y comprends rien, ça fait 5 ans, mais j’y comprend toujours rien en fait. Partir vite avant de ne vraiment plus en vouloir.

Je rentre bientôt chez moi, ça fait du bien, je vais me calmer, c’est tellement doux comme sensation…

 

Sylvie Garabédian

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