Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Agents de forme

 

























Devant nos yeux se déploie la présence des choses. Mobiles dans le temps, ils proposent une ouverture, un appel, ils exposent au visible l'impalpable énergie qui les animent. Dès à présent, pour chercher le lien entre durée et architecture, il nous faut distinguer la construction de l'architecture.

 

L'architecture ne se réduit pas uniquement à un système qui établit des rapports physiques. « Le jeu des volumes sous la lumière » n'a aucune autonomie, il n'apparaît que dans une perception et c'est la qualité du regard qui en fait jaillir la théâtralité. Le jeu n'existe que s'il y a des joueurs. L'architecture est un système qui fondamentalement et primitivement établit des rapports entre les êtres et le monde qu'ils côtoient. Ayant trop l'habitude d'envisager à son propos, la composition de masses construites comme unique médium, nous oublions qu'une architecture sans bâtiment peut être parfaitement concevable : ne parle-t-on pas d'architecture en médecine, en mathématiques, ..? Son domaine s'étend partout où existe une structure de langage, où existe la volonté de représentation par un schème particulier.

 

Les bâtiments sont des agents de formes par lesquels se transmettent des valeurs architecturales mais ils ne constituent en aucun cas la forme de l'architecture, sa substance. Ils se contentent d'introduire des formes plus larges, jouant le rôle modeste d'exécutant, de « machine » à accueillir l'architecture. Le matériau sur lequel porte le travail de l'architecte n'est ni le ciment, ni le verre ou même l'espace, mais la possibilité d'éclosion au monde des formes de l'esprit.

 

Crédit photographique Stéphanie BARBON

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