Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Décor urbain

 
























 

La pérennité des formes bâties souvent supérieure à la durée de vie humaine, amène facilement à l'idée fausse du cadre bâti comme support intemporel et passif. Cette vision patrimoniale oublie trop vite que les carcasses anciennes se maintiennent dans le présent uniquement à partir d'une volonté forte de les reconnaître comme utiles dans l'instant d'un intérêt affectif ou fonctionnel. Le support passif n'existe pas en matière d'architecture et la virulence d'une construction active s'observe par sa volonté à durer, c'est-à-dire dans notre volonté à la faire durer. De fait, l'accumulation n'a plus cours, puisque accumuler condamne irrémédiablement à l'oubli. Farouchement chacune existe dans son écoulement singulier à travers le temps.

 

Mais la ville ne dispose plus de temps pour se permettre la maturation nécessaire dans l'apprentissage progressif des coexistences. Les formes anciennes s'enfoncent dans la passivité, rejetées par des regards égarés vers la séduction du « prêt à utiliser clé en main lisse et propre ». Ce n'est plus la ville qui est perçue mais l'image de la ville et nous finirons par évoluer dans un décor. En réponse à cette amnésie temporelle, il faut tenter d'apprivoiser ces durées multiples, de gérer leur coexistence, en étudiant ce qui les relie.

 

Crédit photographique Stéphanie BARBON

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