Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Instantanéité

 

 

 

























La micro-seconde amène forcément à la micro-reflexion, à l'illustration. Peu à peu le poids de l'instantanéité réduit dans les consciences la sensation des temps multiples, du foisonnement des choses. Mais il est vrai que l'image de la complexité est plus facile à appréhender que la complexité prise dans l'épaisseur de la réalité.

A l'instantanéité oppose la profondeur de l'éphémère, ce qui ne dure presque pas ou la durée réduite quasiment à l'instant. Dans le mouvement de l'éphémère s'exalte l'intrigue de la cessation. Peut-être est-ce notre passion pour les possibles qui nous pousse à l'aimer ? Nous y lisons une destinée métaphysique butant sur la contradiction de son principe d'apparition, cela s'exerçant dans un temps si court. Les racines de notre fascination sont à rechercher dans nos craintes et nos refus.

Fugace le mouvement du danseur, la course du passant. Déjà disparues ces traces sur le sol. Que reste-t-il du passage dans l'herbe de Richard Long ? Le vingtième siècle fut fasciné par le fugace, ce qui ne dure pas, entraîné dans un mouvement vers la succession. L'art contemporain le démontre : « toutes les civilisations anciennes croyaient au définitif, mais, pour nous, le définitif c'est le mouvement, le définitif c'est la transformation » J Tinguely.

La sensation du furtif accompagne une sensation de l'accélération du temps et de la précarité de toutes choses. L'éphémère interroge sans cesse le sens de la vitesse et celui de la permanence. Notre engouement pour le fugace s'exerce par référence, par opposition à partir de temporalités plus vastes. Naît une dialectique du fugace face au lourd, de l'éphémère face à la pérennité.

 

Crédit photographique Stéphanie BARBON

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