Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Mobilité

 
































La durée amène la mobilité et l'ouverture. Elle n'implique pas uniquement une forme vécue du temps, mais avant tout une image mouvante de tout espace perçu. Dans la mesure où la mouvance s'aperçoit dans la matière, elle ne peut être considérée comme une notion autonome. La matière même se meut, nos activités humaines incitent à l'incessant déplacement, notre sens aigu de l'écoulement rend le changement perceptible. Par son aptitude au changement et son inscription dans l'épaisseur du temps, la réalité impose une vision d'un espace en mutation incessante.

 

Les objets de la composition placés dans l'atelier, n'abdiquent pas leur implication dans l'espace alors même qu'ils exposent la durée, tout au contraire, celle-ci concrétise le mouvement lent du temps sur les choses, sur le vide. Le mouvement de l'écoulement réunit les objets, les fait entrer dans une danse commune.

 

Isolés arbitrairement pour les besoins de la composition, broc, bouteilles, boîte, bocaux tissent dans le temps entre eux et avec leur environnement des liens secrets. De notre situation d'observateurs, la boîte semble aujourd'hui collaborer avec le support de la table vers un destin étrangement commun, le broc ne cesse de se définir par rapport au mur du fond, la communauté du vide aperçue dans les récipients translucides les rapproche, ...Même l'existence d'un observateur devant cette table entre dans le jeu et on comprend que la séparation entre les choses et leur entourage n'est pas trachée. Une étroite solidarité lie tous ces objets matériels entre eux et avec l'ensemble de leur environnement. Ils n'ont pas les limites précises que nous leur attribuons.

 

Crédit photographique Stéphanie BARBON

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