Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Complexité

 
































 

Voir l'Architecture sous le jour de la durée, c'est refuser de la considérer comme immobile face au temps. Bien-sûr l'avènement au visible d'une architecture se comporte comme un contenant figé en proie passive au passage du temps. Bien-sûr parfois le béton se lézarde, la peinture craquelle, les matériaux vieillissent. Mais l'Architecture comme mouvement de l'esprit est une forme nettement moins saisissable ; précieuse, elle se commet avec le temps dans un raffinement complexe.

 

Un architecte ne fait pas de l'Architecture, il construit des bâtiments et y appelle l'Architecture. La conception s'adresse au futur dans un perpétuel projet tandis que la construction est une discipline lente et matérielle.

 

Toujours en déséquilibre, notre vocation à formaliser les tensions en genèse est ici interpellée par la difficulté actuelle d'habiter le temps. La solution de facilité consisterait à ne pas en tenir compte, à continuer sur la voie du modernisme inaliénable, après tout, nous ne sommes pas si loin de la période héroïque où l'architecture flirtait avec le devenir façonnable de l'humanité. Mais peu à peu une réflexion sur le « temps variant » s'engage. Des interrogations naissent : comment gérer la confrontation de temporalités différentes ? Comment prévoir dès la conception d'un ouvrage son rapport avec des évolutions futures ? Quelle place pour des pratiques imprévues ? Comment anticiper la variation du contexte ? Les réponses ne peuvent pas être homogènes et simples, produites par une pensée disjonctive.

 

Crédit photographique Stéphanie BARBON

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