Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Frugalité de la communication



L’instant est à l’oubli. La succession frénétique des informations approche l’amnésie. Des messages en rafale servent l’omniprésence d’une communication multicolore. Mais à trop recevoir, que retenons nous ?

 

L’élection de Barack HOBAMA semble loin. Les attentats de Bombay aussi. Les querelles du parti socialiste oubliées. Tout cela remplacé par le débat sur le travail du dimanche et la publicité sur la télévision publique. Maintenant place aux fêtes de fin d’année et à leur parfum sucré.

 

Dans la rue, même constat. Les campagnes de publicité se chassent au rythme des sorties de cinéma et le système de la mode s’emballe. Tout cela est très coloré, souvent saturé. Les écrans habitent nos vies : cinéma, télévision, ordinateur, téléphone…

 

Mais je ressens pour ma part une anomie de ma propre perception. Paul Virilio rappelle dans la « vitesse de libération » que la roue chromatique, lorsqu’elle tourne, laisse apparaître un gris moyen. A un moment, toutes ces stimulations visuelles et sensorielles, simultanées et accélérées par leur vitesse d’apparition, deviennent grises.

 

Peut-on imaginer une frugalité de la communication ? Un retour à la perception des enchaînements ? Une construction dans la durée ? Etre citoyen consiste aussi à suivre des trajectoires, à construire des ponts entre le passé et l’avenir. Alors je rêve comme beaucoup d’une esthétique lente de l’information et je me complais parfois à relire les journaux datant de quelques mois.

 

Impossible de fermer les yeux. Il ne s’agit surtout pas de nier la complexité du monde. Mais au moins ne faisons pas semblant. Contre la dictature de l’instant, pour l’économie du temps.

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