Carnet d'études

Atelier de recherche temporelle

Plan de matière

L

a  lecture d'Henri Bergson conduit à considérer  la matière comme du temps consolidé dans l'instant. Dans « Matière et mémoire », il écrit que le vrai mouvement est la matière même, soit une matière-mouvement. On entre avec cette expression dans un univers matériel d'images-mouvement cher à Gilles Deleuze qui s’est d'ailleurs intéressé à Bergson. Dans son Cours du 5 janvier 1981 intitulé « Image-Mouvement, Image-Temps », Deleuze  rappelle que dans l’univers d’images-mouvement, le mouvement est la coupe de quelque chose, dans la durée. Or ces coupes sont les mouvements eux-mêmes, « à savoir les faces de l’image ». Le plan de coupe, autrement dit plan de matière, est pour Bergson une coupe instantanée dans le devenir en général. Deleuze y voit lui une coupe mobile, c'est à dire une coupe qui comprend du temps. A la lumière de ces précisions, la compréhension des formes temporelles devient aisée : il s’agit de formes mobiles constituées par l'avènement en un lieu des mouvements de la matière.


Appliquée à l’urbanisme, cela devient une superposition d’événements matériels contenus dans la structure urbaine. Dans Roma (1972), Frederico Fellini met en réseau des histoires personnelles, des événements politiques, des formes du passé et des fantasmes comme lorsque les ruines antiques laissent passer la horde bruyante des motards. Voila ce que peut être une composition de formes temporelles. 

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